La violence est l’expression d’une colère qui est elle-même une réaction à une frustration. Vivre sans colère… signifierait vivre sans frustration… ? Mmmh… sans frustration ?… dès la naissance ? Des parents qui accepteraient tout de leur enfant sans jamais les priver ?

 

C’est à dire, sans jamais lui exprimer un non… ? Ça existe malheureusement. Mais ce havre de « non-frustration », de pseudo équilibre de vie, ne pourra pas durer éternellement… Au mieux, lorsque pour le bambin il sera l’heure d’aller affronter l’école, ses camarades et les réglements… Et sinon, s’il  “échappe” à toutes frustrations durant sa scolarité, il en rencontrera forcément dans son premier emploi. Parce que ne nous leurrons pas… des règles, s’il n’y en a pas à la maison.. Il y en a l’école, au boulot, ou simplement dans la société. Donc à moins de devenir un ermite, personne ne peut vivre sans croiser “Dame Frustration”. Ces enfants, à qui on a refusé de mettre des règles et un cadre clairs, ont été officiellement nommés par les psychologues, sociologues et autres chercheurs, les “enfants rois” ou les “enfants tyrans”.

 

Marshall Rosenberg, le concepteur de la CNV parle de la colère en ces termes : “la colère est un cadeau qui nous donne l’occasion de nous relier à nos besoins insatisfaits. La colère étant une réaction à un manque”.

 

Pour Michelle Larivey, psychologue et auteure du livre “La puissance des émotions”, « La colère est une émotion simple, qui traduit l’insatisfaction. Elle se manifeste à l’égard de ce que nous identifions, à tort ou à raison, comme étant responsable de notre frustration »

 

« La colère surgit lorsque l’équilibre est rompu dans un aspect de notre vie. » Elle parle d’ ”obstacle” à notre équilibre et notre bien-être. Elle peut se manifester lorsqu’un besoin n’est pas comblé, qu’une attente est restée sans réponse. De temps en temps, il peut même s’agir d’un caprice.

 

« Pour vivre sainement notre colère, nous devons d’abord nous considérer comme étant le principal responsable de notre vie. Dans ce cas, nos colères seront plus productives parce que nous serons rarement confrontés à l’impuissance. Si nous estimons au contraire que nous sommes à la merci des autres (ou de la vie), nous serons naturellement portés à les accuser de nos frustrations. »

 

Les jeunes accueillis en foyer ont tous un point commun malgré leurs immenses différences de caractères et d’histoires de vie. Ils sont EN COLÈRE. Et très souvent, ils s’imaginent que c’est le foyer, les éducateurs ou les enseignants qui sont les « obstacles » à leur équilibre. Toutes leurs frustrations vécues, leurs manques, leurs parents absents ou inadéquats ont développé en eux une colère et une violence extrême.

 

La colère est ainsi déversée sur la mauvaise cible. S’en suit une violence sur des pairs (tu ne veux pas me prêter ton crayon ? Putain je te tape, connard !). Une violence sur l’autorité.

 

 

 

QUE FAIRE AVEC ÇA ?

 

 

 

Une des choses que j’aimais leur répéter souvent, aussi souvent qu’il le fallait…, c’est comme le dit M. Larivey: “Tu es responsable de ta vie. Tu n’es pas responsable des autres ni de ce qu’ils t’ont fait. Mais tu es responsable de ce que TU EN fais ! La seule personne avec qui tu auras à vivre jusqu’à ton dernier souffle, c’est toi-même. Donc va vers qui tu es et ce que tu veux devenir. Tu ne vivras pas éternellement avec tes parents. C’est avec toi que tu vas vivre toute ta vie… tu as meilleur temps d’être au mieux avec toi-même. De t’entendre avec toi, et d’être en accord avec toi ! Il ne sert à rien de pleurer sur ton passé ou d’en vouloir à qui que ce soit de t’avoir fait du mal ou d’avoir manqué à ton éducation. Tout le monde autour de toi a fait de son mieux au moment où il l’a fait ! tu ne pourras pas changer ton passé, mais tu peux dessiner ton avenir…. Tu ne pourras pas changer tes parents, mais tu peux apprendre à les accepter tels qu’ils sont. Repérer ce qui te convient et rejeter ce qui te fait du mal. Ils font au mieux avec ce qu’ils sont capables de te donner (même si ce n’est que des gifles…, malheureusement…). À toi de TE construire, TOI, pour TOI-MÊME ! TOI, pour que tu t’aimes !”

 

 

 

Apprends à te connaître, à nommer ta colère, à la vivre complètement pour pouvoir dénicher l’importance de ta frustration. Quel besoin te manque-t-il vraiment ? Tu verras ainsi le pouvoir réel que tu as sur ta satisfaction.

 

 

 

OUI, MAIS COMMENT ?

 

 

 

M. Larivey l’explique parfaitement dans son livre « la puissance des émotions ».

Comprendre ses émotions c’est intégrer leur processus. De leur émergence à notre compréhension.

 Les intellectualiser et les vivre pleinement.

Ça peut sembler un poil pompeux… mais ça marche assurément ! -> cf. 5 étapes du processus des émotions.

Marshall Rosenberg, le créateur de la CNV (Communication NonViolente), nous propose un processus bienveillant pour aller écouter sa colère et comprendre ce qu’elle a à nous dire.

Évacuer sa colère est une chose. Cela peut faire du bien sur le moment. Mais à long terme, si l’on ne comprend pas les fondements de sa colère ni comment la transformer, on risque fort de l’exprimer un jour ou l’autre de manière plus forte et plus dangereuse !

Contenir sa colère n’en est pas moins « dangereux ». Bon nombre de « psychopathes, tueurs en série » ont étonné le monde entier quand ils sont passés à l’acte. Ils étaient vus jusque-là comme de très gentilles personnes, qui ne posaient pas de problème. En fait, ils étaient devenus maîtres en contenance… jusqu’à l’explosion. Exactement comme une marmite à vapeur.

 

Il ne reste donc plus qu’à la comprendre pour la gérer…

 

Sur le fil de la colère de Fil